31 janvier 2010

pour une agriculture responsable

Florian et moi nous étonnions souvent du manque de conscience écologique d'un grand nombre d'agriculteurs et cela nous semblait paradoxal car ils épuisent les sols qui les font vivre. On nous rétorque bien souvent qu'on n'y connaissait pas grand chose en agriculture (ce qui est assez vrai) ou que les agriculteurs n'ont pas d'autre solutions car le bio ne peut pas nourrir tout le monde (ah bon?). Alors il nous fallait aller plus loin dans notre raisonnement, avoir une meilleure connaissance de l'agriculture actuelle. S'ajoute aussi le combat actuel de Florian pour faire venir le bio dans la cantine de son collège, autant de bonnes raisons pour s'offrire ce livre:

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Il a été écrit par un couple d'agronomes docteurs ès science et non pas par d'obscurs écologistes décroissants (;D). Donc autant dire que leur livre n'a rien de politique, le but est uniquement de proposer une meilleure façon de travailler les sols, en effet pour eux sans cet effort l'agriculture court à sa perte, et nous avec bien sûr. Je ne vais pas vous exposer leur thèse car je ne l'ai pas encore lu en entier et en plus si je la comprend elle est difficile à reformuler car je suis novice en agrologie quand même... 
Ce qui est intéressant, c'est la démarche : ce dire que nous avons sufisamment progressé en matière d'industrie agricole et que nous avons suffisamment à manger pour pouvoir donc nous interroger maintenant sur une façon plus saine d'exploiter notre environnement. C'est donc à la lumière des dernières innovations qui ont permis l'évolution de la reflexion agrologique que les auteurs exposent leurs thèses, et pas en faisant table rase de ce qui s'est passé ces dernières années. Ils proposent par exemple d'arrêter le labour car, à notre époque, avec toutes nos nouvelles connaissances dans le domaine, la haine des mauvaises herbes n'est plus justifiée. Le labour épuise le sol, il est la cause de la disparition de la matière organique et de la désertification des sols; il faut préférer à ce labour destructeur -mais ô combien culturel, qualifié de mythe fondateur de l'agriculture- le semis direct. Ah c'est sûr, on va y perdre en champs bien propres, bien plantés, en rendement, en compétitivité, mais c'est soit l'hyperproductivité et la mort des sols, soit une production décroissante et un assainissement et une préservation des sols.

Ils énoncent dès l'introduction une vérité trop souvent oubliée, la science ne peut pas tout faire, la science ne peut pas réparer nos erreurs et nous donner opulence, bonheur et qualité de vie. Cela peut paraître évident mais pas tant que ça dans notre époque de toute puissance de la science. Ils insistent sur la nécessité de réinstaurer le spirituel dans la reflexion scientifique agrologique.
"La science ne nous maternera pas et ne réparera pas nos enfantillages. La terre souffre, et ce n'est pas de pansements dont elle a besoin, mais d'amour."

Posté par Lebichouetnous à 21:15 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
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Commentaires sur pour une agriculture responsable

    qui va déculpabilsé tout le monde

    Je suis paysan plutôt durable, mais y a un soucis, comment seul je peux gérer (les adventices mauvaises herbes pour ma finalité à produire) sur 1 150 000 mètres carrés? Quand la France étai bio c'est des millions de personnes qui travaillaient en campagne et aujourd'hui qui veut binner des hectares à la main et qu'elle impact cette main d'oeuvre sur le prix, le bio n'est qu'une niche sur de petites surfaces, à grande échelle, dite àun tiers des diplomés qu'ils achètent une binnette.
    Je suis désolé on peut tout nous mettre sur le dos, on est pas parfait, mais entre la sauvegarde de la voiture en culpabilisant mes vaches et les normes qu'on arrive même pas à gérer.. soyer entier reprenner une ferme, même bio vous comparerez l'éffort et le salaire

    Posté par samuel, 01 février 2010 à 10:12
  • et oui, le bio n'est malheureusement qu'une niche sur de petites surfaces du fait des subventions honteusement peu élevées que cette culture reçoit de la part de l'Union européenne, si l'on compare aux subventions reçues par l'agriculture dite classique. On ne cherche pas à accabler quelqu'un, on cherche juste à comprendre comment un certain type d'activité a pu appauvrir les sols sur une si courte durée. A force d'avoir voulu éradiquer les "mauvaises herbes", on les a renforcées, donc un cercle vicieux, et tout ça pourquoi, pour la productivité qui étouffe les producteurs et les enferme dans un système qu'ils n'ont pas choisi. C'est bien là le but, les empêcher de choisir leur façon de travailler la terre, les rendre dépendants de telle ou telle technique ou tel ou tel produit. Et au fond, pourquoi les appelle-t-on "mauvaises" ces herbes, pour qui sont-elles mauvaises?
    De plus, si l'on subventionnait plus l'agriculture biologique, on les trouverait les bras pour retourner la terre, et le salaire pourrait enfin être comparable à l'effort.
    Je ne suis pas partisan de l'idée qui consiste à penser que chacun doit rester dans son domaine, et ne peut pas s'intéresser ni donné un avis éclairé dans d'autres domaines.
    Nous essayons de faire preuve de simplicité volontaire, très peu voire pas de voiture... tout en sachant très bien que les plus gros pollueurs (industriels) sont bien à l'abri.

    Posté par flo, 01 février 2010 à 18:28
  • Je sais par pourquoi mon message apparait deux fois sérieusement je doute que beaucoup de monde sauf peut-être des immigrés reviennent aux champs.
    Sinon on parle de mauvaise herbe à la production un chardon qui fleuri c'est pendant cinq ans une cinquantaines qui vont lever au moins deux fois dans l'année je ne parle même pas des rumex la graine tient cinquante ans.
    Les desherbants ne sont pas géniaux mais on accuse plus des excés passés que présent entre mon père est moi les doses ont baisser par deux pareil pour l'engrais, tout le monde ne réagit pas ainsi mais entre tout est rien ...
    Si on veut interdire tout les produits chimiques autant interdire la pilule les chimios qui ont un impact sérieux. On ne peut pas avoir le même équilibre qu'au moyen âge, mais on peut faire mieux qu'actuellement, le tout c'est d'être progressif le vivant la nature c'est pas tout ou rien si tu veux stopper un insecticde sans incorporer des prédateurs (qui sont les premières victimes) tu vas perdre trop de récolte.
    C'est pas évident mais faut être progressif.

    Posté par samuel, 01 février 2010 à 19:17
  • Samuel (que je ne connais pas mais bonjour au passage ! ^^)n'a pas tort quant aux mauvaises herbes ! Le problème date d'il y a je pense une vingtaine d'années où oui, on désherbait à fond... mais aujourd'hui il y a quand même eu de sacrés progrès de faits !

    Et avec les grandes exploitations actuelles (qui sont plutôt nécéssaires pour pouvoir vivre correctement... et encore), on ne peut pas faire que du bio... sur de petites surfaces oui mais pas beaucoup plus...

    Et puis très franchement,je ne pense pas qu'augmenter les subventions fera venir plus de monde à la terre : aujourd'hui pour un jeune qui n'a pas de famille dans le domaine pour l'aider à démarrer, autant dire que c'est vraiment une galère de se lancer ! Bio ou pas ! Sans compter toute la paperrasse que ce boulot demande de plus en plus!

    Enfin, je me demande si étendre le bio à fond ce ne serait pas la mort de l'agriculture en France... l'importation reviendrait bien moins cher! C'est déjà super dur en ce moment alors...

    Voilou, quelques petites reflexions (je suis en retard mais je ne savais pas que vous aviez changé de blog... ^^)

    Posté par Diane, 06 mars 2010 à 13:50
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